Nous Étions Si Loin > Chronologie

1867

L’Acte de l’Amérique du Nord britannique établit le Canada en tant que nation et fait des « Indiens » les pupilles de la Couronne. Les Inuits étant exclus de cette disposition, leur statut en tant que peuple autochtone reste incertain.

1880

Afin d’éviter que le Nord tombe sous l’influence américaine, l’Angleterre transfère toutes ses terres et intérêts dans l’Haut-Arctique au Canada. Les préoccupations relatives à la souveraineté vont dicter les politiques fédérales en matière du Nord pendant des décennies. Aux termes d’une politique aux motifs économiques que les historiens ont depuis décrite comme « keep the Native, Native » (que l’indigène reste indigène), on laisse dans la mesure du possible les peuples autochtones du Nord, dont les Inuits, se débrouiller selon leurs propres moyens.

1894

Des modifications à la Loi sur les Indiens font en sorte que l’éducation est désormais obligatoire pour les Indiens inscrits. On interdit aux enfants de parler leur langue maternelle et de pratiquer leur culture et leur spiritualité, tout en les forçant à apprendre l’anglais et à s’initier à la culture occidentale et au christianisme.

1934

Sous J. Lorne Turner, le gouvernement fédéral effectue pour la première fois des recherches sur l’éducation des Inuits. Turner encourage fortement le gouvernement canadien à leur fournir les moyens de se scolariser.

1939

L’Acte de l’Amérique du Nord britannique prévoit maintenant que : « l’autorité législative exclusive du parlement du Canada s’étend sur les habitants esquimaux [inuits] du Québec […] les Indiens et les terres réservées aux Indiens ». Les Inuits et ce qui touche leur éducation et leurs soins de santé sont dorénavant une responsabilité fédérale

1944-45

L’armée américaine révèle les conditions de vie et de santé déplorables des Inuits, ce qui est largement diffusé dans les journaux américains. Parmi les révélations : aucune éducation n’était offerte aux Inuits et le Canada n’avait rien fait pour enrayer les maladies qui sévissaient parmi les populations inuites.

1944

Le Canadian Social Science Research Board obtient les services du chercheur Andrew Moore et du médecin G. J. Wherrett. Moore effectue une recherche sur l’éducation des autochtones dans le Nord alors que le docteur Wherrett se penche sur leur santé. Les deux chercheurs recommandent fortement au gouvernement d’accroître ses programmes de façon importante et immédiate. Trois quarts des habitants du Nord n’ont jamais été scolarisés et le taux de mortalité infantile et le nombre d’épidémies sont extrêmement élevés

1944

Le Programme d’allocations familiales est institué partout au Canada. Ce programme a pour objectif d’améliorer la santé des enfants, surtout ceux des familles pauvres. Le ministère de la Santé et du Bien-être Canada se sert du programme comme moyen de persuader les Inuits d’acheter des produits du Sud comme du lait et du Pablum comme aliments de base pour aider à enrayer la faim et la malnutrition. Plus tard, on menacerait certains Inuits de perdre leur allocation familiale s’ils n’envoyaient pas leurs enfants au pensionnat.

1947

R. Quinn Duffy écrit : « Lorsque le gouvernement fédéral a assumé le contrôle de l’éducation dans le Nord en 1947, il n’a rien fait pour évaluer les répercussions du régime de missionnariat sur le bien-être social, politique et économique des autochtones. Il n’a non plus tenté de déterminer où ses politiques éducatives futures mèneraient les autochtones ni de juger comment ce système scolaire s’insérerait dans la structure de développement globale du Nord. Au lieu de cela, le gouvernement fédéral a adopté une approche incrémentielle. »

1948

Le gouvernement fédéral envoie S. J. Bailey dans l’Arctique de l’Est pour recueillir des renseignements sur la nécessité d’un régime d’enseignement pour les Inuits et si ceux-ci désiraient un tel régime. Son rapport se fondait principalement sur les renseignements fournis par des informateurs non Inuits qui, d’après Bailey, étaient sensibles aux besoins des Inuits. Après avoir consulté des Inuits à Chesterfield Inlet et dans les environs, Bailey affirmait que les Inuits voulaient que leurs enfants soient éduqués, mais que les parents préféraient une école de jour, ou externat, avec un logement pour un enseignant. D’après la grande majorité des non Inuits qu’il avait interviewés, le pensionnat n’était tout simplement pas une option. « Lors de mes discussions relativement à ce problème, tous sont d’accord que l’établissement d’un pensionnat N’EST PAS [sic] la solution, parce que ces enfants doivent rester auprès de leurs parents pendant les mois d’hiver. » Bailey rapportait que les Inuits laissaient souvent leurs enfants avec des parents pendant un certain temps quand ils partaient sur le territoire. Selon lui, cette coutume faciliterait leur acceptation des externats.

Années 1950 et 1960

Un nombre de pensionnats et de foyers fédéraux sont établis dans l’Ouest de l’Arctique.

1951

Confronté à des pressions externes et internes, le gouvernement fédéral juge maintenant que la politique « keep the Native, Native » (que l’indigène reste indigène) n’est plus acceptable. Les Inuits doivent dorénavant être intégrés à la société canadienne.

1951

Le Canada dévoile un régime d’enseignement tant pour les habitants du Nord que pour les Inuits. Il s’agissait d’un prolongement du régime de la fin des années 1940 dans le cadre duquel le Canada avait établi, avec circonspection, des écoles fédérales, surtout dans l’Ouest de l’Arctique.

1952

Le ministère des Affaires du Nord et des Ressources nationales est remis sur pied et son mandat comprend les Inuits.

1955

Le ministre des Affaires du Nord et des Ressources nationales, Jean Lesage, annonce la mise sur pied d’un nouveau régime d’enseignement fédéral pour les Territoires du Nord-Ouest et le Nord du Québec. Bien que le ministère des Affaires indiennes ait administré un régime de pensionnats dans le Sud depuis 1879, il s’était très peu intéressé à la scolarisation des Inuits. La compétence du ministère en matière d’éducation comprenait tous les Territoires du Nord-Ouest, le territoire du Yukon au nord de la rivière Peel, la région de l’Ungava du Nord du Québec et les territoires le long de la côte est de la baie d’Hudson au Québec.

Début au milieu des années 1960

De petits foyers sont établis dans l’Est de l’Arctique et le Nord du Québec.

Fin des années 1960

On commence à fermer un certain nombre de petits foyers dans l’Ouest de l’Arctique.

1970

La responsabilité en matière de scolarisation des Inuits est transférée au gouvernement territorial des Territoires du Nord-Ouest et au gouvernement du Québec.

1984

La Loi sur le règlement des revendications des Inuvialuit de la région ouest de l’Arctique a été adoptée et concerne la région visée par la Convention définitive des Inuvialuit dans les Territoires du Nord-Ouest.

1998

La Fondation autochtone de guérison est mise sur pied pour encourager les autochtones à bâtir et à renforcer des processus de guérison durables pour traiter les séquelles des agressions physiques et sexuelles subies dans le cadre du régime des pensionnats, y compris les répercussions intergénérationnelles, et leur offrir des appuis pour y arriver

1999

Le 1er avril, le territoire du Nunavut et son gouvernement sont établis.

2000

Le conseil d’administration de la Fondation autochtone de guérison met sur pied l’Association caritative de guérison autochtone (Aboriginal Healing Charitable Association) qui devient la Fondation autochtone de l’espoir (FAE) en 2001. Le mandat de la FAE est de promouvoir l’éducation, la sensibilisation et la compréhension en ce qui concerne l’héritage des pensionnats et les répercussions intergénérationnelles sur les peuples des Premières nations, les Inuits et les Métis et de continuer à appuyer le processus de guérison continu des Survivants et Survivantes du régime des pensionnats.

2005

Nunatsiavut, première région inuite à s’autogouverner, est établie à la suite de l’Accord sur les revendications territoriales des Inuits du Labrador.

2005

Le gouvernement du Canada signe la Convention sur la résolution des questions des pensionnats indiens avec des avocats des Survivants et Survivantes, l’Assemblée des Premières nations, des représentants et représentantes des Inuits et des avocats des églises.

2008

Le gouvernement du Canada présente des excuses officielles aux anciens élèves des pensionnats indiens.

2008

La Commission de vérité et de réconciliation relative aux pensionnats indiens est mise sur pied. Elle a comme mandat de documenter la vérité exprimée par les survivants, leurs familles, leurs communautés et toute personne touchée par les séquelles des pensionnats indiens. Son mandat vise aussi à informer tous les Canadiens de ce qui s’est passé dans les pensionnats afin que la Commission puisse guider et inspirer les Autochtones – et l’ensemble des Canadiens – dans le processus de vérité et de guérison, dans la voie qui conduit à la réconciliation et à de nouvelles relations fondées sur la compréhension et le respect mutuels.

2009

Le pape Benoît XVI exprime « sa peine » à l’égard des mauvais traitements subis par les élèves des pensionnats autochtones lors d’une rencontre privée avec Phil Fontaine, le chef national de l’Assemblée des Premières Nations.

 

Basé sur des recherches de David King et édité par Heather Igloliorte (2009), avec des ajouts de la FAE (2013)

Survivants

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